« Cher fieul – 1914-1919 » par Louis Victorien Désiré Dutin – Saint-Briac, 5 novembre 1914 (4)

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Le 5 novembre 1914

Cher petit fieul, 

Comme j’avais marqué à ta mère l’autre jour, je ne suis point resté longtemps à Bergues. Le 2 au soir je suis parti laissant tout paquet à l’hôpital pour Dunkerque. Ici j’ai prit le bateau de Dunkerque pour Cherbourg où je suis débarqué le le 3 à dix heures du soir. Du bateau dans le train où j’ai passé la nuit et descendre le quatre à neuf du matin à Dinan. De là, je fus conduit à Saint-Briac à l’hôpital où je suis rentré hier à midi. En fait l’hôpital, c’est beaucoup mieux encore qu’à Bergues, j’y suis très bien étant donné que je ne souffre pas beaucoup. Bonjour et bonne santé à tous, et fais donc parvenir à la Roussière mes nouvelles et mon adresse. Voici où je suis Monsieur Dutin à l’hopital N°47 Hôtel Panorama à Saint Briac

Ton parrain Dutin

Ce 5 novembre 1914, Victorien est arrivé à Saint-Briac, en Ille-et-Vilaine, après avoir été blessé par balle au bras droit, le 27 octobre, près d’Ypres en Belgique. Ce même 5 novembre, c’est aussi le jour choisi par l’Empereur Guillaume II pour quitter les Flandres et retourner au Luxembourg. Arrivé le 1er novembre à Thielt pour préparer son entrée à Ypres, certain de sa victoire, celui-ci repart cinq jours plus tard, après l’échec de son armée lors de ce qu’on appelle désormais la 1ère bataille d’Ypres ou encore Bataille des Flandres. La guerre de mouvement est en train de prendre fin. Les lignes de front ne bougeront presque plus jusqu’à la fin de la guerre en 1918. C’est le début de la Guerre des tranchées.

Après le repli humiliant de l’armée française, fin août – Le 125e régiment auquel appartient le Caporal Dutin, avait reculé des environs de Nancy jusqu’à Reims – les Allemands étaient arrivés à moins de 200 km de Paris. La contre-offensive, la célèbre 1ère Bataille de la Marne, en Septembre 1914, avait cependant redonné des couleurs aux Poilus, à la France et aux Alliés.

Stationné depuis fin septembre à Sept-Saulx, près de Reims, dans la Marne, le 125e régiment d’infanterie rejoint en chemin de fer une destination inconnue. Après être parti le 20 octobre aux aurores, Victorien débarque ainsi le lendemain soir vers vingt deux heures à Etaples, une ville proche de celle du Touquet. Les trois bataillons voyagent ensuite vers Hazebrouck, Bailleul même, et ses environs, dans le Nord, à quelques kilomètres d’Ypres, près de la frontière belge.

Le 23 octobre, Victorien, avec ses compagnons du 2ème bataillon, rejoignent à Saint-Jean, les 1er et 3ème bataillons partis peu de temps auparavant. L’ordre est donné d’aller relever un régiment anglais dans ses tranchées, vers Saint-Julien. Le 2e bataillon s’installe à gauche, vers PoëlKapelle en Belgique. Le 24 octobre, l’ordre d’attaque est donné.

Le 27 octobre, après un nouvel ordre d’offensive, le 125e est arrivé à progresser sensiblement au centre, et d’une façon plus accusée à gauche.

Ce jour-là, à Poëlkapelle, pas loin d’Ypres, en Belgique, le régiment connaît de grosses pertes : 25 tués dont le Sous-lieutenant Portron, 90 blessés dont 3 officiers. La ligne allemande est à 200 mètres de celle française.

Ce jour-là, Louis Victorien Désiré Dutin, Caporal du 125e régiment d’infanterie, 2ème Bataillon, 8ème Compagnie, fait partie des 90 blessés, atteint par balle au bras droit et évacué, très certainement sur Bergues, avant d’être envoyé à l’arrière, à Saint-Briac, en convalescence.

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